« Pour continuer à dire « Merci l’Europe ! », il faut que l’Europe change profondément. C’est un enjeu démocratique ». Tel est le message que le Medef a voulu faire passer à l’occasion du lancement de la campagne Merci l’Europe, mardi 5 février.

Plutôt les urnes que la fureur dans la rue

Dans moins de 4 mois, 400 millions d’Européens vont pouvoir voter. C’est le plus vaste exercice démocratique au monde et à l’heure où les Français réclament plus de participation, ces élections européennes sont pour eux l’occasion de faire entendre leur voix. A condition bien sûr de ne pas détourner ces élections de leur objet.
C’est pour cela que le Medef a décidé de lancer la campagne de mobilisation « Merci l’Europe ». Une campagne qui vient du terrain. Jusqu’au scrutin, des chefs d’entreprises vont dire à leur manière et partout en France ce que l’Europe leur apporte, dans leur vie de citoyen et d’entrepreneur. Le Medef leur offre un espace d’expression sur internet et les media sociaux avec un mot d’ordre « Merci l’Europe ». Ils vont aussi faire des propositions parce qu’il y a beaucoup de choses à corriger en Europe.
Depuis 60 ans, l’Europe a apporté la paix et la sécurité, la liberté et la prospérité et aujourd’hui, plus de 6 chefs d’entreprise sur 10 considèrent que l’appartenance à l’Europe est une bonne chose*. Pour eux, l’Union fait la force. Elle garantit aussi la paix et favorise le développement économique. Pour autant, les chefs d’entreprise attendent plus de l’Europe : qu’elle fasse de la lutte contre le terrorisme une priorité, qu’elle mène une vraie politique en matière d’immigration, qu’elle avance plus vite vers la convergence des systèmes fiscaux et sociaux des Etats membres…
Nous avons besoin de plus de protection, plus d’inclusion, plus de souveraineté en Europe. C’est la meilleure réponse aux populismes qui se développent actuellement un peu partout, souligne Geoffroy Roux de Bezieux.

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Là où la mondialisation inquiète, « l’Européanisation » doit rassurer

Quand l’Europe tergiverse, quand l’Europe se divise, elle nourrit la défiance. Là où la mondialisation inquiète, « l’Européanisation » doit rassurer. Parce qu’elle s’appuie sur des valeurs, une histoire et une culture communes. L’enjeu du 26 mai, est donc de voter pour une Europe capable de mieux répondre aux aspirations des peuples, une Europe, moins technocratique et plus efficace.
Trois exemples :
La taxe GAFA. On peut, certes, avancer seul. Mais ce n’est qu’à 27 que l’on affirmera notre volonté et notre souveraineté.
Le sujet iranien. En agissant ensemble, les Européens affirment leur souveraineté économique face aux sanctions unilatérales des Etats-Unis. La liberté des échanges et du commerce ne peut pas être entravée par la seule décision de M. Trump. C’est parce que nous sommes unis que nous allons permettre à nos entreprises de revenir sur le marché iranien.
Le Brexit. La tentation de l’isolement est un poison dont personne n’a encore trouvé l’antidote ! Face au chaos annoncé, chacun cherche à limiter les dégâts. Mais tout le monde sait qu’il y en aura. Les Britanniques eux-mêmes cherchent à éviter le pire. Seule chose positive, l’expérience a un effet dissuasif. Notre destin européen est lié beaucoup plus fortement qu’on ne le croit.

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Se former, innover et créer des champions

L’Europe est notre meilleur espace pour se former, et personne aujourd’hui ne conteste le bénéfice d’Erasmus. C’est aussi un espace propice pour innover et créer des champions industriels et technologiques.  Mais sur ce point, nous avons encore des progrès à faire. Renoncer à la fusion Alsthom-Siemens affaiblit inconstestablement l’Europe. L’Europe est enfin le meilleur espace pour partager les opportunités de la transformation (IA, transition écologique…) et pour mutualiser les risques. C’est aussi l’espace le plus cohérent pour travailler à la réduction des inégalités.
Il faut donc aller vers une Europe plus équitable, mais aussi plus efficace. L’Europe a besoin d’agir vite et de montrer que ses décisions ont un effet positif sur la vie des entrepreneurs. Chacun doit également respecter le droit européen. Il ne peut y avoir d’un côté ceux qui s’y plient et de l’autre ceux qui s’en affranchissent. Ainsi, chacun doit payer sur le territoire de l’Union les mêmes taxes, qu’il soit Européen ou non, ce qui, hélas, n’est pas encore le cas.
Notre message est un message d’Européens convaincus mais exigeants, qui veulent à la fois participer au débat et mobiliser les chefs d’entreprise et les salariés en leur démontrant que notre avenir est européen.